Florès ...
« Verdurisons » le béton des cours de récréation !

Nous le savons tous, le réchauffement climatique est l’une des réalités les plus alarmantes de notre société actuelle. Les villes sont chaudes, bitumées, polluées, et les espaces verts et plantés sont aujourd’hui encore trop peu nombreux. Pourtant, 9 français sur 10 estiment que « le vert » est un élément essentiel de bien-être au quotidien (source : Plan Canopé du Grand Lyon).

L’arbre en ville

Augmenter l’ombrage des villes et donc limiter les îlots de chaleur urbains sont devenus un enjeu majeur des programmes politiques et urbains de nos villes de demain.

La plantation d’arbres offre des avantages sociaux, économiques et écologiques.

Selon une étude du Grand Lyon sur le Plan Canopé de la Métropole, les arbres ont des effets positifs sur la santé des habitants, ils favorisent l’activité physique et les modes de vie actifs. Ils contribuent à une meilleure qualité de l’air, et à la gestion des eaux pluviales. Enfin et surtout, ils sont support de biodiversité, favorisent les îlots de fraîcheur et réduisent donc la consommation d’énergie.

Les arbres en ville oui ! Sans oublier les cours de récréation !

Nous nous étions déjà penchés sur le sujet des cours de récréation dans l’article La cour de récréation, la grande oubliée des programmes d’école.

Et encore aujourd’hui, les cours de récréations de nos écoles françaises sont le plus souvent plates, vides, bétonnées, bruyantes et ennuyeuses… générant de la fatigue et du stress, aussi bien pour les enfants que pour les adultes. Ces zones emmagasinent beaucoup de chaleur de par leurs matériaux minéraux absorbant la lumière du soleil.

Il est nécessaire de prendre en considération la qualité environnementale de ces poches urbaines, qui ont un impact direct sur les grands enjeux de notre société, et notamment la réduction des îlots de chaleur urbains.

Une cour de récréation plantée sera plus fraîche en période de canicule et favorisera l’apaisement des relations.

Elle réduira les nuisances sonores et jouera un rôle d’apprentissage et d’éducation pour les enfants. Ces derniers pourront disposer de lieux où se cacher, d’endroits à explorer, de matériaux à utiliser, de fleurs à contempler, d’activités à inventer … Une cour d’école ne peut être pensée simplement pour rassurer les adultes et favoriser la surveillance (bien que cet enjeu soit primordial, il s’agira de repenser la façon de surveiller, ou du moins notre façon d’appréhender le danger…). 

Prenons exemple !

A Bruxelles par exemple, la ville est couverte à 49% d’espaces verts. La biodiversité bruxelloise est un exemple ! Pour cela, chaque année, la ville propose aux écoles un accompagnement pour mettre en place un projet invitant la biodiversité à l’école : création d’une mare, prairie fleurie, hôtel à insectes, pose de nichoirs, végétalisation d’un mur ou d’une grille de l’école… Ce ne sont pas les idées qui manquent ! (source : environnement.brussels)

Aussi, à Paris, les cours d’écoles et de collèges représentent plus d’un demi-million de m². Le projet d’« écoles oasis » propose de débitumer toutes les cours de récréation de toutes les écoles dans les 10 prochaines années, pour faire place au vert, par un revêtement perméable à l’eau de pluie et de nombreux espaces plantés : la cours de récréation devient alors un grand jardin de jeux planté, avec des outils à disposition pour cultiver, arroser, planter, ramasser, tout en écoutant le doux chant des oiseaux… en ville !

Pour aller plus loin et expérimenter, tout en tenant compte du fait qu’aucun parisien n’est situé à plus de 200 mètres d’une école, la ville souhaite à terme, une fois l’ensemble des cours de récréation débitumées et remises au vert, les rendre accessibles au public en dehors des heures d’ouvertures et pendant les vacances scolaires.

De quoi favoriser les pauses urbaines à l’ombre, les échanges, la proximité et la vie de quartier, la biodiversité, et avec même, en prime, un retour en enfance !

Cet article sera complété par un second article et suite logique : faire classe dehors.

D’ici là, n’oublions pas que la nature en ville passe aussi par l’école !

Au contact de la nature, les enfants auront une conscience environnementale plus développée et ressentiront davantage le besoin de la protéger …

C.N.