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L’implantation d’un bâtiment d’archives : un choix stratégique !

L’implantation d’un bâtiment d’archives : un choix stratégique !

Construire un bâtiment d’archives n’est pas un choix anodin quel qu’en soit le maître d’ouvrage : département, agglo, ville… En effet, une telle construction représente un budget souvent coûteux en investissement puis en exploitation-maintenance, car c’est un programme très particulier. On entend même parfois des réactions du type : « ça fait cher pour du papier ! ». Alors oui, il vaut mieux ne pas se tromper !

À travers cet article, nous vous proposons donc quelques pistes et points de vigilance pour vos futurs projets.

Environnement urbain

Avant tout, la 1ère question à se poser c’est : Quel projet pour les Archives ?

S’agit-il simplement d’un bâtiment de « stockage » ou alors y a t-il un projet culturel plus ambitieux ? Et dans ce cas, comment est-il abordé ? En fonction de la réponse à ces questions, la localisation du bâtiment pourra être très différente.

  • S’il est envisagé la mise en valeur des fonds à travers des espaces d’exposition, l’implantation d’un pôle culturel regroupant d’autres partenaires, ou encore la mutualisation de certains espaces polyvalents avec des associations par exemple, on cherchera alors un environnement urbain facilement accessible aux futurs usagers et permettant des synergies avec son environnement pour favoriser une dynamique de quartier.
  • Si, au contraire, il s’agit d’un bâtiment de « stockage », alors l’environnement urbain a moins d’importance et d’autres critères rentreront alors en ligne de compte.

Accessibilité

Un bâtiment d’archives n’est pas uniquement un lieu de conservation des fonds puisqu’il a aussi vocation à les rendre consultables par le public. Avec la numérisation, les documents sont de plus en plus souvent consultables par internet. Mais certaines ressources, de par leur fragilité ou leur spécificité, sont consultables uniquement en se rendant sur place en salle de lecture. Un bâtiment d’archives et donc un lieu accessible au public. Le choix du site aura un impact non négligeable sur la future fréquentation du bâtiment.

Un bâtiment facilement accessible encouragera les étudiants, chercheurs, généalogistes, professeurs avec leurs élèves, à se rendre sur place pour leurs recherches tandis qu’un site difficile d’accès freinera les ardeurs et n’accueillera que des généalogistes habitués.

Risques naturels et technologiques

De par sa nature, un bâtiment d’archives dispose de silos abritant des magasins aux conditions de température, d’hygrométrie et de ventilation strictes pour conserver les documents. La protection et préservation des fonds est une préoccupation majeure des archivistes.

Le choix du site doit prendre en considération les risques extérieurs naturels (radon, sismique, inondation, gonflement des argiles…) et technologiques afin de les réduire pour garantir la pérennité des collections.

Réserve foncière

Un bâtiment d’archives coûte cher. Reconstruire un nouveau bâtiment plus grand 30 ans plus tard coûte encore plus cher ! Eh oui, n’oublions pas dans tout ça que les archives augmentent tous les ans au gré des versements.

Dès la construction d’un bâtiment d’archives, il est indispensable de prévoir une réserve foncière pour une extension ultérieure de silos supplémentaires.

Encore faut-il en avoir la place sur la parcelle et que la conception initiale du bâtiment le permette sans porter préjudice au fonctionnement général du bâtiment et aux flux.

En définitive, pour ne pas se tromper sur le choix du terrain pour la construction d’un bâtiment d’archives durable, le plus prudent est donc de faire réaliser une analyse environnementale de site. Elle mettra en évidence les caractéristiques, atouts et points faibles du site.

A.P.