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Retour d’expérience chantier : la haie défensive, une alternative aux clôtures classiques ?

Retour d’expérience chantier : la haie défensive, une alternative aux clôtures classiques ?

Chez Florès, le pôle « conduite d’opération » suit depuis plusieurs mois la construction d’un pôle sportif et culturel à Décines-Charpieu (69). Pour protéger l’accès à la toiture d’un bâtiment semi-enterré, la maîtrise d’ouvrage a opté pour une clôture 100% naturelle : une haie défensive ! Ce choix, à la fois paysager, sécuritaire et écologique, interroge notre rapport à la délimitation des espaces publics. Focus sur cette solution végétale.

La haie défensive : de quoi parle-t-on exactement ?

En 2018, nous vous présentions dans notre premier article de la série « Favoriser la biodiversité » l’importance des clôtures dans le maintien de la biodiversité en ville. La haie défensive s’inscrit complètement dans cette démarche.

Concrètement, lorsque l’on parle de « haie défensive », on entend par là une clôture végétale constituée d’arbustes denses et épineux. Ces derniers sont destinés à empêcher ou dissuader le franchissement. Plusieurs essences sont couramment utilisées : le pyracantha (ou « buisson ardent »), apprécié pour ses épines acérées, ses baies colorées et son feuillage persistant ; mais aussi l’aubépine, le berbéris, le mahonia ou encore le prunellier.

La haie défensive se distingue d’une haie décorative par sa fonction principale : sécuriser sans barrières métalliques. Mais en réalité, elle répond à un double enjeu : sécuriser un espace tout en le rendant plus vivant et plus intégré à son environnement naturel. En effet, en fournissant nourriture et abri aux oiseaux, insectes et petits mammifères de nos villes, les haies défensives sont de véritables réservoirs de biodiversité.

La haie défensive : avantages et inconvénients par rapport à une clôture classique

Avantages

Opter pour une haie défensive, c’est faire le choix d’une solution à la fois dissuasive, esthétique et plus vivante qu’une clôture rigide. Par sa densité et ses épines, elle constitue un obstacle physique dissuasif et réellement difficile à franchir. Elle contribue aussi à la qualité paysagère du site, en évitant l’effet « grillage » souvent peu valorisant. Enfin, son rôle écologique est majeur : elle constitue un corridor biologique, favorise la nidification, et contribue au rafraîchissement urbain par l’ombrage et la rétention d’humidité. Un élément de plus pour lutter contre les ilots de chaleur urbains, dont on vous parlait dans un précédent article.

Inconvénients

Mais cette solution présente des contraintes spécifiques, à anticiper. La principale : l’entretien. Contrairement à une clôture que l’on installe puis que l’on oublie, une haie, ça se suit. Il faut la tailler régulièrement pour qu’elle garde sa densité et son rôle dissuasif. Et surtout, il faut penser à l’arroser ! Les premiers mois (et les premiers étés) sont déterminants. Avec des périodes de sécheresse de plus en plus longues, un bon suivi est primordial.

Autrement dit, la haie défensive ne s’improvise pas. Elle suppose un engagement sur le long terme, de la coordination entre les différents acteurs du projet, et une vraie appropriation par les équipes qui auront à l’entretenir.

La haie défensive : les conseils Florès pour sa mise en œuvre

Prévoir une protection provisoire en premier temps

Une haie défensive ne remplit pas son rôle immédiatement. En effet, entre la plantation et le moment où elle devient véritablement dissuasive, il faut compter au minimum une saison de pousse – parfois jusqu’à la fin du printemps suivant. Pendant ce temps, une protection provisoire reste indispensable.

Penser la mise en œuvre…

Côté mise en œuvre, quelques précautions sont à prendre. Pour garantir une bonne densité, mieux vaut opter pour trois rangées d’arbustes minimum, plantés en quinconce. Si l’on se limite à une ou deux rangées, la haie mettra bien plus de temps à devenir suffisamment dense pour bloquer efficacement le passage.

Et l’implantation

Il faut également réfléchir à l’implantation par rapport au bâtiment : une haie trop proche du bardage est difficile à entretenir et peut poser problème à terme. À l’inverse, si elle est trop éloignée, on crée un « no man’s land » incitant au passage. L’idéal ? Prévoir un couloir de 70 cm minimum entre la haie et la façade pour assurer la taille et les interventions d’entretien. Si ce couloir n’est pas accessible depuis le bâtiment, un portillon dédié intégré dans la haie est à prévoir pour l’accès du personnel de maintenance !

Anticiper la période de plantation

Enfin, comme pour toute plantation, pour favoriser l’enracinement avant l’été, mieux vaut planter d’automne à mi-mars. Cette période de plantation doit impérativement être anticipée dans le phasage de l’opération, pour éviter de repousser la mise en œuvre à une saison moins propice ou d’enchaîner avec une période de sécheresse. Et n’oubliez pas de prévoir une garantie de reprise des végétaux dans le marché travaux : c’est souvent là que se joue la réussite d’une haie sur le long terme.

Bien pensée, bien implantée et bien entretenue, la haie défensive s’impose donc comme une véritable alternative aux clôtures classiques – à la fois efficace, durable et pleine de vie. Sans remplacer tous les dispositifs de protection, elle ouvre malgré tout la voie à des solutions plus intégrées, plus écologiques… et peut-être plus résilientes !

L.H.