Quatre ans après la création de son antenne bretonne, Florès est désormais pleinement ancrée sur le territoire. Au fil des missions, nous avons eu le plaisir d’accompagner de nombreux nouveaux maîtres d’ouvrage : collectivités, établissements d’enseignement, acteurs de la santé ou du secteur associatif, dans leurs réflexions et leurs projets. Cette implantation locale nous a permis d’affiner notre compréhension du territoire, qui présente des spécificités différentes de celles rencontrées dans d’autres régions.
Car si les fondamentaux d’un bon programme architectural restent universels (répondre aux usages, maîtriser les coûts, anticiper l’exploitation ou encore inscrire le projet dans une démarche environnementale (pour en savoir plus, lisez notre article sur le label BDB, Bâtiment Durable Bretagne)) concevoir en Bretagne suppose également de composer avec un contexte géographique, climatique et géologique particulier. Nous vous proposons un petit tour d’horizon des principaux sujets qui reviennent désormais systématiquement dans nos programmes.
Le radon : un enjeu incontournable
La Bretagne est l’une des régions françaises les plus concernées par la présence de radon, un gaz radioactif naturel issu de la désintégration de l’uranium contenu dans certaines roches granitiques. Les massifs granitiques, très présents dans le socle armoricain, favorisent naturellement ce phénomène.
Lorsque le radon s’accumule dans les bâtiments, notamment dans les locaux peu ventilés, il constitue un enjeu sanitaire reconnu. Concrètement, cela nous conduit à intégrer très en amont plusieurs exigences dans nos programmes :
- Une attention particulière à la conception des dallages et des interfaces avec le sol ;
- Une excellente étanchéité entre le bâtiment et le terrain naturel ;
- Une ventilation performante et facilement maintenable ;
Ces exigences sont d’autant plus importantes pour les établissements accueillant du public, comme les écoles, les équipements sportifs ou les bâtiments de santé.
Un climat océanique qui façonne l’architecture
En Bretagne, la météo n’est jamais qu’un simple sujet de conversation… Le climat océanique influence directement la conception des bâtiments. Les vents dominants d’ouest peuvent être particulièrement soutenus, notamment sur le littoral, tandis que l’humidité reste élevée une grande partie de l’année.
Ces caractéristiques ont plusieurs conséquences sur les projets :
- Protéger les entrées principales et les espaces extérieurs des vents dominants
- Concevoir des enveloppes performantes limitant évidemment les infiltrations d’air
- Privilégier des matériaux et des détails constructifs résistants à l’humidité
- Anticiper les phénomènes de condensation dans certaines configurations
L’objectif est double : garantir le confort des usagers tout en assurant la pérennité de l’ouvrage. Cette réflexion influence également les aménagements extérieurs, le positionnement des espaces de convivialité ou encore l’implantation par exemple des cours d’école et des terrasses.
L’air marin : un allié… qui accélère aussi le vieillissement des ouvrages
Les projets situés à proximité immédiate du littoral nécessitent une vigilance supplémentaire.
- L’air chargé en sels marins favorise la corrosion des éléments métalliques. Les armatures des bétons, les fixations, les garde-corps, les bardages ou encore certaines menuiseries peuvent voir leur durée de vie réduite si les matériaux ou les traitements ne sont pas adaptés.
Cette exposition implique notamment :
- Un choix rigoureux des classes d’exposition du béton
- L’utilisation d’aciers inoxydables ou de protections renforcées lorsque cela est pertinent
- Des matériaux de façade compatibles avec les ambiances marines
- Une réflexion sur les coûts globaux de maintenance
Au stade de la programmation, intégrer ces paramètres permet d’éviter des pathologies prématurées et de préserver durablement l’investissement de la maîtrise d’ouvrage.
Une Bretagne riche en ressources locales
La Bretagne dispose également de filières de matériaux particulièrement dynamiques :
- Le bois, de plus en plus utilisé dans les constructions publiques, bénéficie d’une filière régionale en plein développement, notamment autour du douglas, du châtaignier et d’essences locales adaptées aux usages extérieurs.
- La pierre bretonne (granit, schiste, grès selon les territoires) continue d’être valorisée dans de nombreux projets, aussi bien pour ses qualités architecturales que pour son ancrage territorial.
- Les filières terre crue, chanvre, paille ou encore les isolants biosourcés connaissent également un développement croissant grâce à un réseau d’entreprises locales particulièrement engagé dans la transition écologique.
Pour Florès, connaître ces ressources permet de proposer des orientations cohérentes avec les ambitions environnementales des maîtres d’ouvrage tout en favorisant les circuits courts lorsque cela est pertinent.
Notre implantation bretonne fête aujourd’hui ses quatre ans, mais l’aventure ne fait que commencer. Chaque nouvelle mission renforce notre conviction qu’un projet réussi est avant tout un projet pensé avec son territoire.
Comprendre les contraintes locales, valoriser les ressources disponibles, anticiper les enjeux climatiques et environnementaux, mobiliser les filières régionales : autant de sujets qui donnent du sens à notre métier de programmiste !
C.N.