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La cour de récréation, la grande oubliée des programmes d’école

récréation

 

Toi, programmiste, architecte ou ingénieur territorial, t’es-tu déjà posé la question de ce qu’est, habituellement, une cour de récréation ?

La cour a un programme : une surface minimale par élève (couramment de 5 à 7 m²) permettant une surveillance depuis chacun de ses points. La cour a une réalité : une étendue revêtue, clôturée, généralement vide et parfois ombragée.  Il faut avoir la capacité d’adaptation d’un enfant pour ne pas se révolter. Imaginez un instant que l’on vous invite à vous reposer, faire une pause, sur un parking de supermarché clos de murs !

La Cour, Parangon de la misère spatiale

Les enfants, ont, surtout, l’imagination pour transcender ce cadre minimal et improviser des activités riches en interactions sociales. Il faut cela pour transformer ledit parking en marelle, terrain de bille, Pokémons, etc… Quelle richesse ! Vous le feriez, vous, maintenant ? Non, ni moi non plus, c’est cela qu’on appelle être raisonnable.

Cette misère spatiale est la traduction d’une manière d’envisager l’école. L’école, c’est avant tout ce qui se passe dans la classe. La cour, c’est une sorte de purge, de soupape indispensable pour que l’énergie trop longtemps contrainte des enfants puisse s’exprimer. La récréation n’est qu’un moment à passer afin de pouvoir poursuivre…

L’obsession de la sécurité n’est pas non plus pour rien dans le dépouillement carcéral de ces espaces.

La Cour de récréation ne pourrait-elle pas devenir le lieu d’un apprentissage de la créativité ?

L’enfant, surprotégé, a de moins en moins accès au vagabondage, à la promenade et à la rêverie. La découverte directe, l’expérimentation in situ sont de plus en plus rares… pourquoi les cours de récréation ne prendraient-elles pas la place des terrains vagues et des parcs de jadis ? Pourquoi ne pas constituer dans chaque établissement un parc de déambulation, d’expérimentation de matériaux, de sons, d’odeurs… Pourquoi ne pas encadrer des activités d’extérieur ? On pourrait construire des cabanes, et les peindre ? Pourquoi ne planteraient-ils pas quelques fleurs ou quelques légumes ? Ils pourraient jouer avec la terre et de l’eau ou bien tomber et pourquoi pas s’écorcher légèrement le genou?

Les liens que pourraient faire les instituteurs entre ces activités semi encadrées / semi spontanées et les leçons seraient autant d’occasions d’améliorer l’apprentissage.

Pourquoi refuser à nos enfants la richesse qu’apporte la confrontation directe au réel ?

La cour de récréation est négligée et appauvrie. En l’état, on ne peut la souhaiter à personne… et c’est ce qu’on offre à nos enfants !

Elle pourrait être pourtant, un peu revue et repensée, un des meilleurs supports possibles d’expériences riches et spontanées. Il suffirait d’assez peu, et surtout d’un changement d’attitude et de manière d’envisager l’école.

En termes plus concrets, le jour où le programme stipulera que l’enfant doit pouvoir y entendre un oiseau chanter et y construire quelque chose, nous aurons fait un grand pas.

 

O.T.

Un commentaire

  1. Jocelyn dit :

    Très bon article

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