Notre agence de programmation travaille sur des projets variés sur tout le territoire français. Nous sommes donc parfois amenés à travailler sur des projets en Outre-mer, par exemple en Guyane. Le climat tropical est très différent de ce que nous pouvons rencontrer dans l’Hexagone, et demande une toute autre manière de monter le programme… Ces études représentent donc un vrai défi, que nous relevons toujours avec plaisir !
S’adapter à un climat délicat
Reprenons donc l’exemple de la Guyane, dont le climat est de type équatorial et humide. Les températures y sont très stables, comprises entre 22 et 32°C tout au long de l’année avec une moyenne entre 26 et 27°C. Le taux d’humidité varie entre 80 et 90%, avec des pics à 98% en saison des pluies. Il faut donc concevoir des bâtiments qui protègent de la chaleur en empêchent la stagnation de l’humidité…
L’association guyanaise AQUAA (Actions pour une Qualité Urbaine et Architecturale Amazonienne), interrogée par Florès, explique qu’il est possible de concevoir un bâtiment confortable en Guyane en suivant à la lettre les principes de l’architecture bioclimatique locale. Nous les décryptons pour vous…

La ventilation naturelle
Comme la différence entre les températures diurnes et nocturnes est très faible, un bâtiment guyanais ne peut pas profiter du rafraichissement nocturne. Une ventilation naturelle constante et donc un moyen d’éviter les surchauffes. Cela passe par :
- Une orientation pertinente du bâtiment face aux vents dominants pour en bénéficier pleinement.
- Des façades poreuses et un agencement intérieur traversant pour que l’air puisse circuler correctement dans tout le bâtiment.
- Des brasseurs d’air pour faciliter la circulation d’air, en particulier les jours peu venteux.
- En option : des moustiquaires sur les fenêtres pour empêcher la venue d’insectes…
La protection solaire
Pour limiter les surchauffes par le toit, le traitement de la toiture est essentiel. Plusieurs solutions sont possibles, à choisir en fonction du site choisi :
- Une isolation des rampants de toiture
- Une isolation des plafonds hauts
- Une toiture largement ventilée par écope de toiture. Cette solution est privilégiée dans l’architecture traditionnelle guyanaise, et peut être combinée aux autres.
Les fenêtres et parois sont protégées des rayonnements solaires par de larges débords de la toiture, et par des brise-soleils adaptés à la courbe du soleil.
Le traitement des extérieurs
La forêt recouvre 96% du territoire de la Guyane. Le développement urbain se fait donc souvent sur des parcelles boisées qui sont déforestées… Dans ce cas, pour préserver la biodiversité et améliorer le confort du bâtiment, il est essentiel de conserver le plus possible de végétation existante. Les arbres amèneront ombre, fraicheur et qualité visuelle. Construire le bâtiment en fonction des arbres remarquables existants donne un bien meilleur résultat que tout déforester et replanter !
Conserver de la végétation permet aussi d’éloigner le bâtiment du bruit des routes. Cela est essentiel lorsque la ventilation naturelle est privilégiée, et limite le rayonnement provenant du sol.
Ces principes sont visibles dans l’architecture des « carbets » traditionnels guyanais : des murs poreux (ou aucun mur), une toiture très couvrante et un positionnement au cœur de la jungle !

Pour aller plus loin vous pouvez aussi lire notre article « Programme environnemental et milieu tropical ».
A.D.L.