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Programmiste, UX designer : échange de bons procédés

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Dans notre article Programmiste VS UX designer, même combat , nous en arrivions au constat que les méthodologies appliquées par les programmistes d’une part, et les UX designers d’autre part sont semblables en plusieurs points. Et si le croisement de ces deux mondes permettait d’améliorer les pratiques de chacun ? Les uns peuvent-ils s’inspirer des autres pour s’enrichir mutuellement ?

 

Voyons donc ce qu’il y aurait de bon à prendre du côté des UX designers : pour mettre au point un logiciel ou un site internet, la méthodologie mise en place implique beaucoup de tests du produit, de recueil d’informations concernant l’usager par enquête ou tracking, et ce dans le but d’améliorer encore et encore le produit. Pourquoi ? le rendre plus attractif et le vendre plus facilement bien sûr ! l’objectif de commercialisation et retour sur investissement dirons-nous, incite forcément à la séduction de l’utilisateur…

Comment la notion de test vu comme outil d’amélioration du bâtiment est-elle prise en compte aujourd’hui ? A priori pour le moment, les possibilités de test du bâtiment sur les futurs usagers sont relativement peu fréquentes, et encore plus la marge de manœuvre dont on dispose pour apporter des modifications au bâti une fois construit est assez réduite…

En phase projet de conception, certains maîtres d’ouvrage (Moa) choisissent de présenter et montrer l’avant-projet sommaire aux utilisateurs, voire de collecter leurs remarques pour apporter quelques adaptations.

Dans le cadre des démarches environnementales de type HQE®, BREEAM® ou LEED® en exploitation, les performances techniques du bâtiment sont testées pendant 1 à 2 ans pour vérifier que les objectifs initiaux du programme sont bien remplis (niveaux de consommation énergétique, débits de ventilation, etc…). Néanmoins le recueil du ressenti utilisateur n’est pas vraiment intégré, et ces démarches volontaires des Moa sont encore trop peu systématiques.

Certains bailleurs sociaux font le choix d’équiper complètement un logement témoin avant de terminer les travaux de construction d’une nouvelle résidence pour permettre à un échantillon de futurs habitants de donner leur avis sur les lots de second œuvre. Mais là encore, les ajustements, s’ils sont faits, ne remettent pas en cause le projet architectural.

Ne perdons pas espoir ! car les maquettes numériques et le BIM se développent lentement mais sûrement. Dans un futur proche, il sera possible de visiter les lieux en réalité augmentée ! En voilà une façon d’anticiper l’Expérience utilisateur à un stade encore réversible du projet, voire d’en mesurer l’impact émotionnel ! 

 

Car pour mémoire l’expérience utilisateur c’est bien la combinaison du bénéfice apporté par le produit et son impact émotionnel. Ce qu’un bâtiment a que le numérique n’a pas, c’est la possibilité de stimuler tous les sens de l’homme, et donc d’associer impact sensoriel à impact émotionnel sur l’usager.

Fort de ce constat, on pourrait donc envisager qu’une « approche sensorielle du bâtiment et son environnement » soit travaillée dès la programmation du projet et suivie en conception. Ce serait voir le bâti comme un outil de stimulation vertueuse des sens et intégrer ce principe comme règle de programmation et conception, pour voir du beau, sentir du bon, toucher du doux et entendre bien. Alors chez Florès on se prépare à programmer des parcours sensoriels agréables et évolutifs, on a même testé le diagnostic de site en pleine conscience lors de notre dernier séminaire d’équipe !

 

Et à l’inverse, que pourrait-on apporter aux UX designers ?

C’est le moment de reparler des démarches environnementales et de la réduction de l’impact énergétique comme faisant partie du cahier des charges de conception. Cette préoccupation est très présente dans les projets de bâtiments (et heureusement) et se renforce un peu plus à chaque nouvelle réglementation thermique. Le développement du numérique est tellement généralisé et fulgurant qu’il génère des consommations énergétiques importantes et exponentielles. Un site web nécessite un serveur allumé en permanence, une infrastructure climatisée gourmande en énergie sans compter les ordinateurs ou appareils mobiles des utilisateurs qui consomment d’autant plus d’énergie que les éléments qui constituent le site sont nombreux et lourds.

Rêvons donc à un avenir responsable du numérique qui toucherait des clients de plus en plus conscients de leur empreinte écologique…A quand les sites web éco-conçus, voire labellisés « low energy » ?

 

C.G.

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