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Pôle petite enfance : Accueillir enfants et parents

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Les modalités d’accueil des jeunes enfants évoluent avec la société. Les solutions classiques, crèche ou assistante maternelle, restent présentes, mais à leurs côtés, des solutions hybrides et particularisées voient le jour : accueil collectif temporaire, en horaires élargis, mini-crèches… Comment accueillir au mieux les enfants , les professionnels, et de plus en plus les parents ? Quels sont les enjeux clés de la conception de ces espaces ?

 

Des structures plus complexes

L’évolution des modes et horaires de travail, alliée à une recherche de sociabilisation précoce des enfants, se traduisent par une évolution des types de prise en charge plébiscités et une augmentation de la demande en places d’accueil pour les jeunes enfants. Des services connexes se développent également autour de la petite enfance : informations des parents, espaces d’échanges entre parents, activités collectives pour les enfants accueillis par des assistant(e)s maternel(le)s, formation de ces dernières…
De plus en plus, les collectivités développent de véritables pôles de la petite enfance rassemblant plusieurs équipements autour de ce thème. Ces structures favorisent les échanges de savoirs et de savoir-faire entre les divers professionnels, et offrent une gamme de services étendue et plus lisible aux parents et à leurs enfants.

Les espaces de transition au cœur de la réflexion

Les espaces d’accueil et de transition prennent une nouvelle dimension : de simples points de passage, ils doivent devenir de véritables lieux de vie et d’échanges, propices au développement de synergies entre professionnels, favorisant les échanges entre tous les acteurs (parents, enfants et professionnels). Ils doivent aussi accompagner le processus d’arrivée et de départ de l’enfant.

Pour le programmiste et l’architecte, la gestion des flux devient capitale :

  • Comment faut-il hiérarchiser les flux ?
  • Quelle interface pour les gérer ?
  • Faut-il prévoir une entrée unique, ou au contraire distinguer les flux de parents et de professionnels ? Voire même les flux de chaque structure ?
  • Les possibilités de mutualisation doivent aussi être étudiées attentivement : les locaux du personnel doivent-ils être mutualisés ? Quels locaux d’activité peuvent être partagés ?

Autant de questions qu’il faut se poser systématiquement, et auxquelles on apportera des réponses après une concertation fine avec tous les acteurs : utilisateurs, professionnels, responsables de structure et politiques orientant le projet.

Les notions d’accueil et de transition de la rue aux lieux de vie orientent le programme architectural vers des espaces généreux, dotés d’un bon niveau de confort (visuel, acoustique…), qui soient de véritables lieux de vie : espaces d’accueil, mais aussi espaces d’activité pour les enfants dès le hall, et d’échanges grâce à la proximité des professionnels (bureaux des interlocuteurs à proximité immédiate, par exemple).

Tout l’enjeu pour le programmiste est alors de bien penser l’organisation de tous les espaces, depuis la voie d’accès jusqu’aux salles d’activité : parking, garage à vélo, perron couvert, espace pour les poussettes… aucune étape du trajet ne doit être négligée pour connecter la structure à la vie de la cité.

Accueillir de jeunes enfants : quelles spécificités?

La destination première de ces équipements ne change pas, et nombre de fondamentaux demeurent.
Près ou loin, devant ou derrière, dedans ou dehors… l’enfant se familiarise en permanence avec de nouvelles notions. Les espaces de vie, où évoluent les enfants, proposent des espaces variés, avec des recoins, des différences de niveaux, de couleurs, de texture ou d’éclairage, autant d’occasions d’expérimenter. Deux écoles s’opposent alors : ces espaces de vie doivent-ils offrir aux enfants un monde à leur échelle, ou au contraire leur donner une image plus réaliste du monde extérieur, pour les aider à s’y intégrer ? La vérité, sur le terrain, est rarement aussi tranchée, et se trouve quelque part entre ces deux extrêmes.

L’architecte devra trouver le bon équilibre entre des espaces parfaitement adaptés aux enfants et une architecture à l’échelle des adultes. Une autre des difficultés de l’architecte est de concilier espaces de découverte et sécurité. Il portera une grande attention à tous les éléments mobiles (volets, brises soleil, portes…), saillants ou anguleux.

Le programme technique d’un pôle petite enfance doit être particulièrement exigeant sur ces éléments, mais aussi sur la qualité sanitaire des espaces et matériaux, ainsi que sur les qualités d’usage et l’ergonomie des espaces. La norme HQE et les démarches environnementales ont beaucoup apporté à la prise en compte de ces considérations. Mais ces programmes complexes appellent des échanges nourris et un suivi vigilant de la conception, impliquant les utilisateurs tout au long du projet.

L’évolution des attentes des parents a mené à la création de pôles petite enfance favorisant les échanges et dotés de nouveaux lieux d’accueil. Ces structures doivent être bien conçues : une série de choix (mutualisation, gestion des flux) en phase programme conditionnent la réussite du projet, et doivent faire l’objet d’une concertation fine. Le programme technique devra être exigeant, pour protéger au mieux le public sensible accueilli.

M.O.



Pour aller plus loin :

L’association NAVIR mène une réflexion sur les relations adultes / enfants / environnement et propose des conseils pour l’aménagement des espaces d’accueil de jeunes enfants.

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