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On a essayé : le compost au bureau

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Chez Florès, on a la main verte ! Selon l’expérience de chacune et chacun, la grande terrasse du bureau nous offre un terrain d’expérimentation et un véritable espace d’agrément pour travailler. Le potager installé l’année dernière nous a gratifié d’une belle récolte et de quoi agrémenter les repas de midi de tomates, salades, aubergines et autres melons savoureux. Et parce qu’il faut rendre à la terre ce qui revient à la terre – même sur la terrasse ! –, désormais trognons et épluchures évitent la case poubelle et filent directement au compost !

 

Le compostage est un processus qui se produit lorsque des débris organiques tombent sur la terre pour former la litière dans les espaces naturels. Cette litière, composée des feuilles et branches qui recouvrent le sol à l’automne, est progressivement digérée par les innombrables macro et micro-organismes : c’est le processus d’humification, qui aboutit à la formation de l’humus qui contient les nutriments assimilables par les plantes.

Dans le compostage, ce processus est repris et entretenu pour valoriser les déchets organiques et aboutir à un amendement utilisable directement au jardin ou, comme chez nous, dans les bacs de culture !

 

 

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Démarrer le compost – illustration Blanchardon Paysage

Dans le ventre d’un composteur

Pour composter, on utilise généralement un bac ajouré en plastique ou mieux, en bois, dans lequel on dépose au jour le jour les déchets végétaux de cuisine et du jardin. Dans un jardin, un simple tas fait très bien l’affaire : ici en ville et au huitième étage, un composteur fermé s’impose !

À l’intérieur du composteur, la vie microbienne s’organise rapidement pour transformer la matière organique et aboutir à un terreau très riche 8 à 12 mois plus tard. La matière organique est digérée par la faune et la flore dites épigées, qui vivent naturellement dans la couche superficielle du sol : insectes, vers, champignons, bactéries et levures décomposent les débris en particules de plus en plus fines, les digèrent et les excrètent pour élaborer un substrat noir et souple lorsque le compost est « mûr ».

Si certaines règles simples sont respectées, aucune mauvaise odeur ne sera à déplorer et le composteur produira un super engrais naturel pour les cultures. Pour éviter toute mauvaise surprise au démarrage, il est nécessaire de bien comprendre les points clés de la réussite du compost.

Une humidité et une température extérieure adaptées

Dans un mélange trop sec, détrempé ou par temps trop froid ou trop chaud, l’activité microbienne est considérablement ralentie et peut même s’arrêter complètement et « bloquer » le processus d’humification.

Principal paramètre sur lequel on peut intervenir, on tâchera de maintenir une humidité suffisante tout au long de l’année : en période chaude, un arrosage de temps en temps pour éviter le dessèchement sera bienvenu. En hiver, il faudra porter attention à l’excès d’eau qui pourrait provoquer l’asphyxie : si le bac n’est pas couvert de la pluie ou si les déchets sont très humides, il est impératif que les jus de compost puissent s’écouler. Récupérés, ces jus ou « thés de compost » sont un engrais liquide précieux, utilisable pour les plantes d’intérieur comme à l’extérieur.

De l’air, donc de l’oxygène

L’humification est réalisée exclusivement par des organismes aérobies, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent vivre qu’en présence d’oxygène. C’est le cas de toute les animaux digesteurs, mais aussi des champignons, qui eux seuls savent dégrader la lignine et la cellulose qui composent le bois.

En l’absence d’oxygène, une autre forme de dégradation survient, dite anaérobie : beaucoup plus lente, elle fait intervenir des levures et des bactéries spécifiques qui opèrent une fermentation non souhaitable : les fermentations anaérobies dégradent les nutriments sous des formes inaccessibles aux plantes et dégagent du méthane et des composés sulfurés, toxiques et particulièrement nauséabonds.

Ainsi pour un compost sans mauvaise odeur : il faut de l’air ! L’alternance de couches de déchets variés associée à quelques coups de fourche pendant l’année assureront une aération suffisante dans le mélange.

Le bon équilibre en carbone et azote

Pour garantir une humification optimale, il faut respecter un rapport entre les matières carbonées et les matières azotées. Les déchets « verts », tels que tonte, feuilles et branches encore souples, épluchures de légumes, fruits abîmés, etc. apportent principalement de l’azote. Les déchets « marrons », ligneux et secs, tels que les branches, les copeaux de bois, les feuilles sèches, le carton, sont à l’inverse source de carbone.

Pour un compost de compétition, le rapport de carbone sur azote sur la matière sèche, noté C/N, doit être proche de 20. Chaque matière possédant un C/N propre – par exemple le bois a un C/N > 150, les tontes ou épluchures un C/N < 10 – on aura vite fait de se perdre en calculs incertains pour respecter la règle à la lettre. Plus simplement, en pratique on visera une part de matières vertes (azotées) pour une part de matières marron (carbonées).

Qu’est-ce que ça mange, un composteur ?

En théorie, toute matière organique se composte. Dans la cuisine ce n’est pas compliqué, on peut considérer que tout ce qui pourrait se manger peut aller au composteur : épluchures de légumes, fruits ou légumes abîmés, le gratin de pâtes oublié dans le fond du frigo, les croûtes de fromage, le pain sec de la semaine dernière… On évitera tout de même les restes animaux (viande, poisson, os…) qui peuvent attirer les rongeurs et sentir mauvais, et attention aux agrumes : leur acidité peut ralentir l’activité microbienne et ils sont donc à modérer. Auront également droit de siéger : le marc de café et les filtres en papier, le thé, les cartons et papiers absorbants – sans encre –, les rouleaux de papier hygiénique, les tontes et déchets de taille, les feuilles mortes, les bouquets de fleurs fanées sans leur élastique, et même les poils du chien et du chat !

Par contre, les matières plastiques sont à proscrire, y compris les sacs plastiques parfois annoncés comme compostables : le plus souvent, ces sacs ne sont composés que d’une part de bioplastique effectivement biodégradable, et contiennent parfois encore 70% d’hydrocarbures. Réellement peu biodégradables, ces hydrocarbures persistent dans le sol sous forme de microparticules polluantes pendant de nombreuses années.

 

Avez-vous bien compris ces quelques principes ? Alors c’est parti pour un compostage facile et rendez-vous l’année prochaine pour récolter un compost bien noir pour le potager ou les jardinières, des fruits et fleurs abondants et sans aucun engrais chimique !

N.J.

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